Freitag, 19. Juni 2015

07/09/1866 (Vater)

( [A.   S. – Diesen Brief erhielt mein Vater wenig Tage vor seinem Tod. Ich hatte an Ferdinand im Auftrag meines von Schlag gerürten Vaters geschrieben.]

Mon Père bienaimé

J’ai reçu le mois passé une lettre d’Albert dans laquell il me dit qu’il croit que je Te ferai plaisir en nomant un chargé de pouvoir à Berne, qui me représente en cas de décès de Ta part. Or, quoique cela soit une affaire à laquelle j’aime beaucoup mieux ne pas du tout penser & dont certes rien ne presse de s’occuper, je me conforme à Ta volonté.

En conséquence j’ecris par ce courier à Mr. Louis de Wattenwyl de Rubigen, le priant d’accepter la Procuration qu’il reçoit de ma part par l’entremise du Consul Suisse à Bahia. Il va sans dire qu’il n’a rien à discuter & rien à réclamer. La volonté de mon Père sera toujours sacrée pour moi, quel quelle paisse être; & quant à mes frère & sœurs je crois que l’amour fraternel est beaucoup trop intense chez tous les quatre pour que des interêts quelconques puissent y porter la moindre atteinte. Les fonctions de Mr. de Wattenwyl se borneront donc simplement à faire acte de présence & à signer en mon nom. A la mort de mon beau-père nous ses quatre héritiers, avons tout laissé à ma belle-mère, réclamant pour notre part seulement une partie (… ) que le défunt avait laissées. – En voilà assez sur ce triste chapitre, & j’espère bien que ma procuration restera longtemps dans le tiroir de Mr. de Wattenwyl sans être produite & que Dieu me permettra dans un ou deux ans de venir Te voir encore une fois. Moi, qui sais quelque peu médecin, j’ai souvent vu la nature par ses resources infimes démentir la science.

En Europe vous avez de nouveau en la guerre. Si j’etais  resté an service prussien il aurait pu m’arriver d’entrer en intrus dans l’un des chateaux en Bohême où j’ai passé mon enfance; en tout cas il y aurait en chance de faire un bel avancement. C’est égal, je ne changerais pas ma Victoria contre une paire d’epaulettes de général prussien.

Ici aussi nous commençons à nous ressentir des effets de la guerre interminable contra la Paraguay ; les impôts, chose inconnue jusqu’aprésent au Brésil fout leur apparition, & il est à craindre que, le gouvernement prenant goût à cette innovation n’en abuse  & provoque une révolution qui fera de ce vaste empire une douzaine de petites républiques. Matériellement parlant le pays ne pourra que gagner à ce changement.

Ma femme, que regrette amèrement ne pas connaître les parents de son mari, me charge de Te saluer avec tendresse & éfusion; nous en fesons de même pour ma Mère & mes Sœurs.

Ma santé est bonne &, grace à Dieu, ma récolte tant en café qu’en cacao & coton est une des plus belles & les prix de ces denrées son magnifies, ce qui me permettra de donner un vigoureux coup de main à mes finances.
Et maintenant Adieu. J’espère qui les apréhentions des médecins sur Ta santé ne sont qu’une fausse alarme; je puis tont aussi bien aller le premier. Toutefois, un jour on l’autre Dieu T’appellera à soi, & alors j’espère que Tu quitteras ce monde sans sentiment d’amertume à mon égard qui, de tous Tes enfans aie été celui qui T’a causé le plus de chagrin & le plus de soucis.
Ton fils qui T’aime tendrement, Ferdinand – le 7 September 1866

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