Victoria 1 Mai 1873
(Fernando Sohn - Salgado Unwol seyn - Ferdinand Vater)
Cher Oncle
Me voici déjà depuis à peu près un an au milieu
de ma famille et jusqu’à présent ne vous a fait parvenir aucune lettre ;
veuillez m’excuser cette négligence.
D’après ce que j’ai vu Papa vous a écrit une ou
deux fois et je suis persuadé qu’il n’aura oublié de vous donner de mes
nouvelles. Il m’a raconté que /tu avais vendu las propriétés du Mr. Le Comte
Pourtalès/ te voilà donc délivré d’une quantité de travaux et tu peux profiter
de cet intervalle pour venir passer quelques mois ici peut-être que la chaleur
te fera du bien.
Quant à moi je suis déjà aclimatisé et jusqu’à
présent n’ai pas eu la moindre indisposition car lorsqu’on attrape de la pluie
et du soleil ensuite ou marche ou transpire ou court avec les noirs et qu’on
n’attrape pas de maladie on doit rendre grâces à Dieu.
Pour le moment je suis à la Victoire avec Maman
et sommes à cueillir du café car il y en a un peu cette année mais après demain
je pars pour le Salgado car comme mon Père a envie de descendre pour passer
quelques mois ici moi je m’en vais là en haut pour prendre compte de tout de
cette manière j’apprends quelque chose et commence à être utile à ma familie.
Celui qui n’y est pas accoutumé ne se sent pas bien à son aise lorsqu’il se
trouve tout entourré de forêt vierges et
au milieu de négres seulement il faut avoir un peu d’amour propre pour rester
là.
Le Salgado est à 14 lieues de la Victoire et
par le chemin le plus affreux possible des bourbiers où les chevaux ne peuvent
presque pas passer des rivières qu’il faut traverser (naturellement sans pont)
des troncs d’arbres que a tout moment il faut sauter en Europe ou ne se fait
pas une idée d’une route pareille mais ici au Brésil elles sont toutes dans cet
état les impôts sont très-élevés et Mr. le gouvernement le mange tout en place
de l’employer pour le bien du pays.
Je ne sais pas ce que se sera de Papa d’ici à
quelques années les rhumatismes le tourmentent tellement qu’il ne sait plus que
faire encore le mois passé il a en des attaques si fort qu’il a été obligé de
faire chercher le Docteur ici en bas, tu peux te faire une idée comme nous
avons été effrayés lorsque les chevaux sont arrivés ventre-à-terre du Salgado,
ma mère est devenue pâle comme la mort comme le Docteur était à la maison il
est de suite monté à cheval et moi avec lui mais lorsque nous sommes arrivés là
allait déjà mieux.
Ma Grand ’maman de l’Espérança (Wittwe des Vicomte Sa) a aussi vendu sa propriété elle demeure aprésent tout près de nous et
vient très-souvent nous visiter elle m’a fait présent d’un magnifique cheval
qui marche très-bien chaque jour lorsque j’ai fini mon service je monte un peu
à cheval.
Je reçois souvent des lettres de Chérubin
peut-être que celle-ci le rencontrera encore chez toi dans sa dernière il me
dit qu’il ira passer quelques temps avec toi je suis persuadé qu’il s’amusera
fort bien car lorsqu’on a passé 12 ans en pension on aime bien à se trouver
chez de parents qui vous aiment.
Adieu cher Oncle je t’embrasse ainsi que
Tante ; ma mère et mes sœurs font la même chose ton tout dévoué neveu
F. de Steiger (fils)




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