Freitag, 12. August 2016

12/08/1858 (Vater)

[A.    S. - 12/8 858 an meinen Vater]

[…] qui ont été faites depuis 11 ans que je suis à Victoria, en état de prospérité, & complétement achevée, sauf les chemins de communication. Dans trois ans elle devra me raporter environ 4000 Arobas de café. Suivant le système des planteurs de café de Caravellas, qui s’en sont tous bien trouvés, & qui consiste à planter des cafiers en masse sans trop s’inquiéter si on a les moyens de les soigner (système qui abîme le pays mais enrichit ceux qui le suivent) je compte abattre en Septembre de nouveau autant de forêt que l’an passé. Je ne sais trop comment cela ira, mais je dis comme Blücher : « Es muß gehn » ; & ça ira. Ce serait pourtant drôle que des planteurs de Caravellas, qui possèdent 30 ou 40 nègres de service puissent avoir des plantations du contenu de 300 à 400 mille cafiers desquels ils cueuillissent 4 à 5000 Arrobes, & que moi qui ai plus que le double de ces forces doive me contenter avec des plantations de 60 à 80 mille cafiers, qui me donnent à peine 1500 Arbs. – Il faut que cet état des choses change complètement, & sans vouloir pousser aussi loin que les planteurs de Caravellas la rage de planter, je veux pourtant arriver à un état d’aumoins 400 mille cafiers, qui, étant mieux soignés que ce n’est le cas à Caravellas pourront me donner près de 6000 Arbs.

Mes esclaves prospèrent & augmentent, preuve convaincante du bon traîtement dont ils jouissent, & qui, thèse générale, commence à devenir trop bon par tout le Brésil ; à la suite de la valeur considerable qu’a l’esclave aujourdhui. Cette phylantropie négrophyle commence à dégénerer en faiblesse & crainte de la part des maîtres & en insolence & insubordination de la part des esclaves. En effet, quel est l’individu qui veut perdre de gaité de cœur une somme de 5 à 6000 francs représentée par un esclave qui peut s’enfuir ou se suicider ; de là vient cette condescendance prévenante dont la majeur partie des propriétaires usent vis-à-vis de leurs esclaves & qui ne sert qu’à donner à ces derniers le sentiment de leur prix, à leur monter la tête & les rendre tout à fait indomptables, au point qu’ils ne connaissant plus ni frein ni loi, tandis que leur maîtres, devenus proprement dit les esclaves de leurs esclaves, attendent chaque jour, & attendront jusqu’au dernier jour les bons effets de leur procède, c. a. d. le sentiment du devoir, la reconnaissance, l’amour du travail & de l’ordre se manifestant chez les Nègres. Autant vaudrait aller chercher de la glace dans le grand Sahara.

Quant à moi, qui n’ai point ces véléités phylantropiques, je me contente de nourrir mes esclaves aussi copieusement & suculement qu’ils le désirent, je les loge & les vêtis presque aussi bien que moi ; s’ils sont malades, rien ne leur manque ; ils ont assez d’occasions & de temps libre pour gagner de l’argent tant qu’ils en veulent ; ils travaillent autant que cela se peut sans se fatiguer : Et pour tout cela je n’exige que du respect, de la discipline & de l’obéissance, & celui qui m’en manquerait je serais capable de l’attacher à un arbre & fusiller de ma propre main : en advienne ce qui voudra. – Le fait est que les nègres sont la plus abominable engeance qui existe, & que celui qui est obligé de vivre avec eux est soumis à une rude épreuve. Il n’y a guère que les Portugais qui sachent les mener comme cela doit être ; les autres Européens & les Brésiliens ne s’y entendent pas.

Ma famille, qui se porte à merveille quant au physique, vient de s’augmenter encore d’un rejeton du sexe feminin ; c’est une petite calamité, mais qui faire ? J’ai donc cinq enfans dont l’ainée a 6 ans seulement. Il faut commencer à s’occuper de l’éducation des deux ainés, prendre un précepteur ou quelque chose de semblable afin de les surveiller & de leur donner les premières instructions ; vu qu’ils ne sont plus d’age à rester avec les négresses, avec lesquelles, au surplus, ils n’apprennent rien de bon. Ce sera une dépense de plus, mais je ne puis pourtant pas laisser grandir mes enfans comme de petits sauvages & quant à ma femme & moi nous somme trop occupés les journées pour pouvoir nous occuper de soins pädagogiques, & la nuit n’est pas propre à l’enseignement d’enfans en bas àge. Si mes enfans sont aussi intelligens que forts & robustes ils ne laisseront rien à désirer ; ma petite monte déjà à cheval sur une selle sans dossier ni appui & fait deux lieues au petit galop sans se fatiguer. L’équitation, qui en Europe n’es qu’un luxe, est indispensable dans ce pays, où on n’a d’autre moyen de locomotion, à moins de marcher au pieds, le pantalon on la jupe retroussée jusqu’au dessus du genou pour pouvoir traverser les torrens, les mares d’eau & les marais qu’on rencontre à chaque pas sur son chemin.

Somme totale je puis dire que je suis heureux & content de mon sort, (…) dans le cas de dire que je ne saurais plus rien désirer, si ce n’est de revoir encore une fois tous (…)


Donnerstag, 11. August 2016

02/04/1860 (Vater)

Victoria le 2 Avril 1860.

(A.    S. - Erzherzog Max Besuch)

Mon bienaimé Père

Ma dernière lettre datée de Bahia 12 Avril 1859, dans laquelle j’anonçais la possibilité de la vente de ma Plantation, étant restée sans réponse jusqu’aujourd’hui, je la confirme par la présente. – La vente n’a pas pu s’effectuer, faute de numéraire sur la place de Bahia qui, depuis le grand choc de 1858 se trouve dans un état misérable, malgré toutes les mesures désespérées du gouvernement tendant, à ramener un peu de crédit & de confiance. – Je me ressens aussi d’une manière bien sensible de cet état des choses, (…) à la Banque du Brésil.

Enfin, j’ai repris ma besogne, je travaille de mon mieux, & cela va tant bien que mal. Cela commençait même à aller très-bien, vu que mes cafiers étaient chargés à n’en plus pouvoir, me fesant espérer une récolte de 4 à 5000 Arobas (un Aroba se vend de 5 à 7 Milreis ou environ 17 francs) à telle enseigne que je refusai une proposition de 120 Contos d’un acheteur venu exprès de Pernambuco, où il avait lu l’anonce que j’avais fait mettre dans les journaux les plus répandus de tout le Brésil. Lorsque voilà une sécheresse, comme ou n’en pas vû depuis mémoire d’homme, qui vient anéantir mes espérances : Toute végétation est paralysées, les arbres & les fruits grillés sur pied, la terre crevassée comme par des éruptions vulcaniques, & les rivières qui portaient des embarcations calant 6 – 8 pieds, sont devenues des gorges arides, dont le fond pierreux réflète les rayons ardents du soleil. Il faut voir cette désolation pour la comprendre : & si la pluie n’arrive bientôt ce sera une calamité dont la portée est incalculable. – Et encore ne sais-je pas en droit de ma plaindre quand je lis les rapports journaliers qui arrivent des provinces septentrionales & centrales. Ici au moins j’ai à manger & à boire surtout, avec mes esclaves & mon bétail, tandis que là, quelqu’incroyable que cela paraisse, il meurt des gens en masse, faute d’eau ; sans parler du bétail qui, poussé par l’instinct de la conservation, va crever dans les flaques d’eau dans lesquelles les gens altérés vont puiser ensuite une eau putride qui, au lieu d’etancher leur soif leur communique quelque maladie typhoide. Enfin je tâche de me résigner & de dévorer mon désespoir, en me gorgeant de consolations plus ou moins phylosofiques.

J’ai été arraché de ces préoccupations douloureuses par une visite aussi inattendue qu’agréable, quoique quelque peu dispendieuse : Son Altesse Impériale l’Archiduc Maximilien d’Autriche, autrefois Viceroi de la Lombardie, est venu passer une quinzaine de jours chez moi. Nous avons couru ensemble les forêts vierges, les grandes cascades, avons poussé jusqu’au camp des sauvages, avons chassé, pêché, botanisé ect ; le tout en manches de chemises, crotté, les vêtemens souvent en lambeaux, comme de véritables collégiens fesant l’école buissonnière. Il y avait des jours de bombance pendant lesquels je régalais mon prince avec du Champagne, des huitres & des pâtés conduits à grand frais jusque dans des parages inconnus jusqu’à ce jour ; d’autres jouis nos repas se composaient d’entousiasme & d’admiration assaisonés de beaucoup de gaîté ; & nous nous endormions, du someil du juste, au bas de quelque grand arbre. – Pauvre jeune homme : si aimable, si peu difficile, si noble, non seulement de naissance mais de sentimens & de principes qui voit sa carrière obstruée par les résultats d’une guerre malheureuse, &, à ce qu’on dit, est même en disgrâce auprès de son frère l’Empereur. – Que de fois ne ma-t-il dit, quand nous soupions d’un morceau de lune accompagné d’une douzaine d’étoiles, que, s’il nétait archiduc il voudrait être planteur brésilien. J’avais beau lui montrer le revers de médaille en énumérant toutes les misères & les angoisses par lesquelles nous autres planteurs passent ; il n’en croyait rien parce qu’il se trouvait sur un point de vue duquel l’horizont lui apparaît tout entre qu’à moi, de sorte que nous ne tombions jamais d’accord sous ce point de vue. Le jour de son départ Son Altesse m’offrit un splendide dîner d’adieu à bord de la frégate de son pavillon, mouillée en rade d’Ilhéos.

Ce fut là que j’entendis depuis plus de vingt ans, pour la première fois, l’hymne autrichien éxécuté par une de ces musiques militaires bohêmes de 50 hommes, qui n’ont pas de rivale dans l’univers entier. J’étais profondément ému. Après l’hymne autrichien vint l’hymne national du Brésil, en l’honneur de mon beau-père, qui avait été nommé par son gouvernement pour accompagner & assister le prince en toute matière qui touche l’hospitalité du pays. – Au moment de nous dire adieu Son altesse m’a donné, en souvenir des jours heureux passés ensemble, une bague en diamants avec son chiffre (de la valeur de 4 – 5.000 francs) J’avais en la chance de pouvoir lui offrir un grand nombre de curiosités de toute espèce ; animaux, plantes, produits industriels des sauvages ect. ect.

L’Archiduc s’est enquis de Ton adresse, disant qu’il voulait Te faire visite & porter de mes nouvelles à son premier voyage en Bohême. Il est fort possible qu’il oublie cette promesse & passe en Bohême sans aller Te voir : toutefois j’ai voulu Te communiquer son dessin.

Un autre événement dont j’ai à Te rendre part, c’est la naissance de mon sixième enfant, de sexe féminin, né le 23 Juin & baptisée comme celle qui est morte (dont je T’ai fait part dans ma lettre plus haut mentionée) du nom de Libuza, à la grande satisfaction & stupéfation de l’Archiduc Maximilien, qui ne s’attendait pas à rencontrer un nom aussi essentiellement autrichien au milieu des forêts vierges du Brésil. – Ma sœur Elise a bien voulu servir de marraine (par procuration) au dit marmot.  Aussitôt que la chose sera fesable je T’en expédierai l’extrait baptistaire, le baptême n’ayant en lieu que le 7 Février, & ici la marche de toute formalité est d’une lenteur désesperante.

En Novembre j’ai failli souffrir un accident capable de me rendre aveugle. Etant dans mon laboratoire occupé à préparer certaine préparation pharmaceutique, un violant coup de vent ferma la fenêtre avec un fracas dont le contre coup renversa & brisa la fiole dans laquelle je travaillais, de sorte qu’une partie du liquide corosif qui s’y trouvait m’éclata en plein visage & dans les yeux. Heureusement que les antidotes étaient sous ma main, de sorte que j’en fus quitte pour huit jours de cécité & un mois de soins. Toutefois j’ai en une peur panique, assez naturelle dans un pays où chacun en est séduit à son propre savoir faire. – J’ai aussi en le malheur de perdre cinq esclaves dans le cours de l’an passé, entre autres ma meilleure négresse, de sorte que, (…), mon personnel esclave se réduit au chiffre de 103, qui est juste celui que j’ai acheté de Mr. May, il y a trois ans. (…)

(…) trois enfans aînés en Europe, où Mr. P. Barrelet (neveu de Mr. Diacon) s’est offert gratuitement (à Colombier près Neuchâtel) de les recevoir & d’en soigner l’éducation. Maintenant la partie est remise à des temps plus éloignés, & en attendant ce sont ces trois enfans qui en souffrent la déception la plus sensible, ne voulant pas parler de la tristesse que moi j’éprouve en voyant reculer (..) le jour heureux où je pourrai voir & embrasser mon Père & ma Mère chéries ; car en devenant bon père je n’ai pas cessé d’être bon fils ; bien au contraire (…)

Quant à ma santé tout va au mieux ; je suis ferré à glace quant (…) de ce terme sous notre (…)

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Mittwoch, 10. August 2016

14/07/1861 (Albert)

                                                           Bern den 14 Juli 1861

[A.    S. – Erster Besuch in Europa – Ankündigung für Prag]

Mein lieber Bruder

Auf allerhöchsten Befehl unseres Vaters schreibe ich Dir um Dich zu benachrichtigen daß ich am 21 l. M. in Prag sein werde, um Dich von da aus auf demjenigen Landgut zu besuchen auf welchen Du Dich befindest, & gleichzeitig meiner liebenswürdigen Schwägerin meine Aufwertung zu machen.  

Deinen lieben Brief vom 28 März erhielt ich in Hâvre in Augenblick meines Ausschiffens am 24 Juni. Die Antwort darauf bringe ich mündlich, indem ich mich außerordentlich freue Dich wieder zu sehn.

Vater, Mutter & Schwester grüßen Dich nebst Gemahlin aufs Herzlichste; ebenso Dein freundschaftlich ergebener Bruder.

                                                                               F. Steiger

23/07/1861 (Vater)

Hlubosch le 23 Juillet 1861.



Mon bienaimé Père

Arrivé ici depuis hier soir je m’empresse de T’écrire ces quelques lignes afin de ne pas mériter le reproche d’ecrivain paresseux, qui ne saurait être excusé sous cette latitude par la chaleur tropicale.

Mon voyage s’est effectué avec beaucoup d’agrément. A Schaffouse j’ai trouvé Mrs. Jezler & Frey à la gare du chemin de fer où ils venaient m’attendre depuis plusieurs jours. Le premier de ces deux Messieurs m’a reitéré l’assurance qu’il prétendait ne jamais me vexer pour le recouvrement des intérêts que lui devrai & que je n’avais qu’a le payer quand & comme je pourrai [A. S. - Ein Planzer hat manchmal 2 -3 schlechte Ernten & ist dann ein unpünktlicher Interessenzaler. Im guten Jar holte er leicht mere schlechte nach. Das ist im Brasilien so üblich. Ferd. Eltern & Schwiegereltern lebten noch. Er hatte daher die Pflanzung noch nicht ausgezahlt – Und jezt wollte er seines Vaters Sorgen desshalb beruhigen]. J’ai passé la nuit du 17. Le lendemain nous avons été à la chute du Rhin & après nous avons été visiter les anciennes connaissances à Winterthur & à St. Gall ; puis j’ai été passer la nuit à Zurich. Le 19 matin je suis parti pour Frankfort où je suis arrivé vers 4 heures & où j’ai remis les deux cachets portant nos armes au premier sommelier de l’hôtel d’Angleterre, Mr. Louis d. Steiger étant absent ; puis j’ai continué ma route pendant la nuit jusqu’à Leipzig. De là j’ai fait une excursion à Magdeburg où j’ai visité des vieilles connaissances & où j’ai diné chez mon ancien chef de bataillon, actuellement Lieutenant général.

Le soir je suis retourné à Leipzig d’où je suis parti à 10 heures de la nuit &, voyageant la seconde fois pendant toute le nuit je suis arrivé à Prague le 21 à 6 1/2 heures du matin, où j’ai trouvé Albert qui m'attendait depuis la veille. Enfin hier nous sommes arrivés ici, où j’ai fait la connaissance de ma belle-sœur, qui de prime abord a aquis toute ma sympathie & mon affection, ce qui m’arrive assez rarement ; mais elle est vraiment si charmante & si aimable qu’elle ferait de proselytes parmi les mysantropes. La mère se trouvent également ici ; aussi une dame qui captive par sa bienveillance enjouée.

   Albert m’a dit que Tu as bien voulu venir à notre voyage à Trieste. Je Te remercie de tout mon cœur pour cette preuve de bonté de sollicitude.

Albert avec Alexandrine & leur charmant moutard Vous saluent tous bien affectueusement & moi, j’en fais de même.

                                                               Ton fils reconnaissant

                                                                                                              F. Steiger


"Besuch Ferdinands 1861"

Besuch Ferdinands 1861

(…) In dieser Arbeitsjare brachte der Besuch meines Bruders Ferdinand in Jahre 1861, eine erfreuliche Episode. Es waren fünfzehn Jare seit unserer Trennung verstrichen & als ich ihn in Prag jest in mein Zimmer eintreten sah, könnte ich in den bärtigen, breitschultrigen Mann, mit den feurig blikenden Augen, & der arabisch gebräunten Gesichtsfarbe & Händen, nur mühsam & allmälig das Bild des jung verreisten Bruders wiederfinden. Wir brachten in Hlubosch mit ihm eine frohe Zeit zu. Sein Wunsch Hochwild zu jagen, fand Erfüllung in einer Einladung zu Jagdgesellschaft des Fürsten Colloredo in Dobrzisch & einer anderen, in die entlegenen Teile der Kurfürstlich Forsowizer Forste. Wie bewunderte er diese Säulenhallen von Nadelholz im Vergleich zu den Brasilianer Urwäldern, wo man nur, mit Jagdmesser in der Hand, sich Schritt für Schritt durchs Dickicht der Schlingpflanzen durchhauen muss & wo sogar die Strasse so schmal ist, dass des Reiters Füsse im Gebüsch streifen. Von Wagen ist gar keine Rede. Hätte ich nur ein Stükchen von Euren herrlichen Strassen! seufzte er, um meine Produktenreichtümer wegzubringen, die jezt um mich her nuzlos verfaulen. Aber auf den holprigen Wald- & Hohlwegen wars ihm dann wieder ganz unbehaglich. Tollkühner Reiter durch Dik & Dünn, im Urwald mit dem Pferd über gestürzte Riesenstämme hinüberrutschend & gefärliche Sümpfe durchwatend, war ihm das Neigen & Hängen des Wagens beunruhigend.

Drei Kinder von ihm warteten seiner Rükkehr in die Schweiz, wo er sie in Pension gab, um sie besser zu erziehn, als es in Brasilien möglich war. Die Hize unsres Augustes war ihm drükender als die Brasilianische Sommer, mit seiner feuchten Atmosfäre, in den luftigen Wonungen ohne Plafond, mit weiten Verandahs & stetes offenen Fernstern & Thüren. In den Bergkonzerten von Przibram, wo ich als einstiger Bergbaufreund mit den Bergbeamten verkerte & auch die Nachbarschaft zusammenkam, machte seine kräftige & elegante, weissgekleidete Erscheinung recht gute Figur & seine Heiterkeit, Höflichkeit & Mitteilsamkeit gewann ihm Beifall.

Erzherzog Maximilian, welcher ihn einst auf seiner Pflanzung besucht & in sehr gutem Andenken behalten hatte, wollte bei seiner damaligen Rükkehr nach Europa persönlich meinen Vater auf dem Land in Böhmen aufsuchen, um ihn Nachrichten von Ferdinand zu bringen & liess seinen Besuch in Tloskau ansagen. Leider war mein Vater damals nicht in Böhmen & so brachte nur der Adjudant Graf Bombelles die Brasilianer Nachrichten im Namen des Erzherzogs meiner in Prag befindlichen Gemalin. Ferdinand hatte dem Erzherzog versprechen müssen, ihn in Miramar zu besuchen & meldete ihm daher seine Anwesenheit bei mir; ohne aber darauf Antwort zu erhalten. Er dachte sich vom Erzherzog vergessen, & reiste als seine für mich bemessene Zeit vorüber war, nach Cöln zum Besuch seines ehmaligen Regiments & der nachbarlichen Schlösser am Rhein, wo er vergnügte Tage verlebt hatte. Und jest kam plötzlich Telegramm über Telegramm vom Erzherzog nach Hlubosch, um Ferdinand nach Wien zu berufen. Seine Anmeldung war dem Erzherzog nach Belgien nachgeschikt worden & beim dortigen Gesandten liegen geblieben so dass der Erzherzog sie erst bei seiner Rükkehr aus England erhielt. Ich reiste nach Wien um dem Erzherzog das Misverständniss aufzuklären & liess den damals noch viel spärlichern Telegrafen nach dem Rhein & der Schweiz spielen, um Ferdinand einzufangen. Er kam auch, nachdem ich die damals noch bestehenden Passschwierigkeiten für ihn durch Gefälligkeit des Statthalters Baron Kellersberg geordnet; & wir brachten mit dem Erzherzog, der Ferdinand selbst im Gasthof abholte, einen interessanten Tag in Schönbrunn, als dessen Gäste zu, während welchen er sich in Huld erschöpfte & Ferdinand auch der Erzherzogin vorstellte.

In den Schönbrunner Gewächshäusern fand Ferdinand die aus seinen Pflanzungen & Urwäldern herrürenden Pflanzen wieder; darunter auch seiner niederträchtigsten Unkräuter, welche aus der für die edlen Pflanzen mitgenommen Erde als Contrebande ungebeten hervorgekeimt & zu unverdienten Ehre der kaiserlichen Gewächshäuser vorgerükt waren. Echte parvenus.

Bis an sein Ende blieb der Erzherzog & nachmalige Kaiser Maximilian in Verker mit Ferdinand; schikte ihm bald schöne Waffen, bald die neu erfundene Eismaschine, dann seinen Orden & das Anbot einer hervorragenden Stellung am Hof & im Staat von Mexiko. Aber mit richtigem Blik hatte mein Bruder, sobald die Mexikanische Kaiserfrage aufgetaucht war, mir schon geschrieben: Der gute Erzherzog wird doch gewiss nicht die Thorheit begehen, sich unter dieses Gesindel zu begeben. Und später: Ich denke gar nicht daran, nach Mexiko zu gehen, um dort nähstens sammt dem Kaiser an die Luft gesezt zu werden.

Meine Augen hatten sich seit mehrern Jaren waker gehalten & aller Ermüdung Troz geboten. Mattigkeit & Beklemmungen, die ich spürte, schrieb ich Unterleibsstokungen zu, da ich oft viele sizende Arbeit hatte. Ich begleitete Ferdinand von Wien nach Bern, lernte dort seine drei ältesten Kinder, Amelia, Fernando & Cherubino kennen, die er nach Colombier zur Erziehung in Pension gab & bald noch den siebenjärigen Alberto allein von Victoria über die See nachschikte, wärend die drei jüngsten Töchter in Brasilien bei der Mutter blieben. (…)


12/11/1861 (Albert)

Victoria den 12 November 1861.

Mein lieber Albert

Da bin ich nun wieder in meinen häuslichen Laaren; nicht ohne einige sehnsüchtige Erinnerung an Europa. – Ich erzähle jetzt meine Reise, seit unserer flüchtigen Trennung auf dem Bahnhof in Neuchatel (wo du mir noch auf einen Besuch Hoffnung machtest). Die Kinder waren ganz außer sich vor Freude wieder nach Colombier zu kommen & waren auf dem Bahnhof daselbst gar nicht zu halten bis sie zu Hause waren. Mir war Das ein wahrer Trost & der beste Beweis ihrer Zufriedenheit mit ihrem Loos. Uns ging es anders, wenn Du Dich noch erinnerst, als wir, nach unserer ersten Ferienreise nach Bern, wieder nach Neuchatel zurückkehrten. Barrelet, als Präsident des Comiters der landwirthschaftlichen Ausstellung des Cantons Neuchatel, war den ganzen Tag bis spät in die Nacht beschäftigt, indem die Ausstellung am 19 September eröffnet wurde. Die Kinder gingen mit wahrer Begierde in die Schule, & so verbrachte ich zwei traurige Tage, fast ganz allein. Am 19 gegen Mitag kahm endlich die lange gefürchtete Stunde, die des Abschieds von meinen Kindern; mir wurde dabei so unwohl, daß ich mich nicht mehr aufrecht erhalten konnte; den Kindern schien es wenig zu Herzen zu gehen. Soll ich mich darüber freuen oder betrüben?

Langsam fuhr unser Zug die steile Bahn den Jura hinauf bis Pontarlier: eine prachtvolle, wildromantische Gegend. Von dort bis Salin geht es nach altpatriarchalischer Art auf der Dilligence; ich saß auf der Imperiale um besser sehn zu können. Ein nebelichtes, kaltes Wetter gab uns das Geleit durch die endlosen, traurigen Einöden der Franche Comtée bis kurz vor Salin, wo die Straße durch eine herrliche Staatswaldung von kolossalen Fichten geht, deren Anblick in mir wehmüthige Erinnerungen an Hlubosch erweckte. Von Salin gings dann wieder auf der Eisenbahn, bei prächtigem Mondschein nach Paris, wo der Zug um 5 Uhr früh anlangte. Hier blieb ich bis zum 23 Morgens. Fröhlich waren diese drei Tage eben nicht für mich: Das Hôtel, die Boulevards, Jardin des Tuileries, Bois de Boulogne, Alles erweckte in mir den Vergleich meines Aufenthalts vor nicht drei Monathen & meines damaligen. Im Juni trug ich einen ganzen Himmel von Freude & Hoffnung in der Brust; im September bewegte mich nichts als der Schmerz der Trennung von so vielen Lieben & von euern herrlichen Europa.

Was ich vor meiner Abreise von Brasilien gefürchtet, war eingetroffen. Anfangs fühlte ich mich in Europa, selbst bei den allernächsten Angehörigen, ziemlich entfremdet & verwaist, & sehnte mich nach meinem häuslichen Herd & meinen Urwäldern. Bald aber wurde mir so heimisch & so wohl zu Muthe, daß die Sehnsucht nach Brasilien sich ins Gegentheil verwandelte & der Abschied von dem geistig gebildeten, civilisirten, & dabei doch so gemüthvollen, herzlichen europäischen Leben mir entsetzlich schwer wurde. Des Abschieds von Eltern, Geschwistern & Kindern gar nicht zu gedenken. Jetzt fühle ich mich höchst unglücklich; meine Victoria, wenn bisheriges El dorado ist mein Botany bai geworden: mit der Zeit wird sich das hoffentlich bessern. – In Paris brachte ich zwei Abende mit Vetter Rudi zu; er scheint mir viel ernsthafter geworden zu sein; möglicher weise ist dies auch eine optische Täuschung meiner trübsinnigen Gemüthsstimmung. – In einem Restaurant in welchen wir zu Mittag speisten trafen wir auch einst ein brasilianisches Ehepar, welches eben seine Kinder zur Erziehung nach Europa brachte: ein sonderbares Zusamentreffen von Umständen! diese Analogie unserer beiderseitigen Lagen; nur lebt dieses Ehepar noch ganz in Hoffnung & Zukunft, während für mich nichts mehr von Europa übrig blieb als Erinnerungen.

Von Paris nach Bordeaux reiste ich absichtlich bei Tage um mir die vielgepriesene Touraine & Guyenne anzusehn; meine Erwartung wurde aber vollkommen getäuscht, denn etwas Einförmigeres, Langweiligeres giebt es kaum, als diese schlecht cultivirten unbegränzten Ebenen. In Bordeaux kam ich den 23 September gegen 10 Uhr Nachts an. Mein Platz auf dem Paquet war bereits genommen, die Paßangelegenheiten bald beendet & so blieb mir fast der ganze Tag vom 24ten um mich in der Stadt herumzutreiben: eine höchst interessante charakteristische Stadt. Hier machte ich die Bekanntschaft der Frau des Hrn. Von Rüte, welcher vor Zeiten unsere Schwester Therese heirathen wollte, &, ohne letzterer zu nahe zu treten, glaube ich sagen zu dürfen daß er nicht schlechter bei dieser Wahl gefahren ist; insofern man nämlich, über den Werth einer Person, in einer einstündigen Visite sich ein Urtheil bilden darf. – Am 25 gegen Mittag führen wir auf einem kleinen Dampfer die Garonne hinab bis Poliac, wo wir den herrlichen Dampfer Le Béarn bestiegen & sofort, um 4 Uhr Nachmittags, in See stachen. Das Wetter war stürmisch, die See gieng hoch & die Welle & Wind waren uns entgegen; daher fuhren wir langsam & die meisten Passagiere waren seekrank. Das Schönste an Bord war der Esssaal, ein Ruffel auf dem Deck, von 32 Metres Länge & 10 Breite; weiß laquirt mit goldenenen Einfaßungen & Verzierungen, dazu zahlreiche große Spiegel & 12 vortreffliche Oehlgemälde; das Mobiliar grün mit Gold von Palissander. Ebenso war auch unser Tisch der Art, daß die besten Hôtels von Paris nichts Vorzüglicheres liefern können. Es war ein wahres Elysium für Gastronomen. Alles andere war aber dafür um so schlechten; Schiffsraum, Cajüten, Bedienung, Administration ect; alles geht in einem entsetzlichen Schlenderjan & Subordination ist eine ziemlich unbekannte Größe. Das ungünstige Wetter verspätete unsere Ankunft in Lissabon um einen halben Tag. Von dort aus schrieb ich Deiner Frau zwei Zeilen in aller Eile, als letztes Lebewohl von Europa. (Ich wußte nämlich nicht wohin Dir adressiren & so richtete ich meinen Brief nach Hlubosch an Deine Frau). Lissabon trägt einen ganz eigenthümlichen Charakter: an einigen Stellen sieht man noch die Trümmer des großen Erdbebens; andere Plätze & Promenaden tragen vollkommen den eleganten Stempel einer großen Haupt- & Residenz Stadt; während in vielen andern Straßen & Vorstädten ein so entschieden brasilianischer Effekt hervortritt, daß ich mich mehrmals nach Bahia versetzt glaubte. – Am 29 Abends fuhren wir wieder den schönen Tajo hinunter dem Meer zu. Jetzt erst war es möglich sich einen Begriff von unserer Reisegesellschaft zu machen, die, vom ersten Choc der Seekrankheit größtentheils erholt, anfing unser geselliges Leben in Ganz zu bringen. Vorherschend war das spanische Element, wohl über 50 Personen von den 115, meist Passagiere für Buenos Ayres & Montevideo; ernsthafte, höfliche Leute, die nur selten Feuer faßten; die Damen etwas coquet. Dann kamen die Franzosen; meist höchst uninteressante Leute; Commis voyageurs, pacotilleurs & chevaliers d’industrie. Dann kamen die Brasilianer, darunter einige von der hohen Aristokratie, Gutsbesitzer ect; mehrere mit Familie, wobei einige recht hübsche, liebenswürdige Senhoritas. Sämtliche waren leicht kenntlich an den Augen, haaren & den überaus feinen Händen & Füßen. – Die Portugiesen erfreuten sich der allgemeinen Geringschätzung, als derjenigen Nation, welche von ihren drei Stammverwandten nur die gemeinen Instinkte, aber nichts von dem heldenmüthigen, wenngleich oft fanfaronen, Stolz & Ehrgefühl, gemein hat. – Auch einige Deutsche befanden sich an Bord & sogar drei Schweizer ließen ihr melodisches Idiom vom Stappel. – Den Glanzpunkt sämtlicher Passagiere bildete die Compagnia lyrica vom Theater St. Carlos in Neapel, welche nach Rio de Janeiro angagirt war & sich mit ihrem Impresario dahin begab. Drei Damen & vier Herren, sämtlich äußerst angenehme, fröhliche, gebildete Leute, die nicht wenig dazu betrugen uns die Reise zu einen wahren Fest zu machen.

Neptun spielte uns jedoch übel mit; schon die Ausfuhr ins Meer vom Tajo aus war sehr schlimm; draußen aber bekamen wir einen solchen Sturm, daß ich nicht hätte auf einem Segelschiff sein mögen. Volle drei Tage dauerte der Spaß. Alle Lücken geschloßen, das Verdeck unter Wasser, die Maschine stark beschädigt, ohne einen Zoll vorwärts zu kommen; so verbrachten wir 3 ziemlich unangenehme Tage.

Endlich am 3 October legte sich der Sturm & wir fuhren mit doppelter Dampfkraft & vom Passatwind begünstigt nach St. Vincent, auf dessen Rhede wir am 7 früh anckerten. Ich wollte du könntest diese fürchterlich zerklüftete, zerißene Inselgruppe sehn; etwas Trostloseres Unheimlicheres kann es nicht geben. Jahre vergehen dort ohne daß ein Tropfen Regen fällt; einmal soll es 8, sage acht, Jahre lange nicht geregnet haben. Die Rhede, von allen Seiten durch die senkrechten Felswände der sie umschließenden 3 Inseln, geschloßen, scheint weder Ausgang noch Eingang zu haben; mich mahnte sie etwas an den Thuner See; nur in der Mitte steigt ein kolossaler Obelisk aus dem Wasser, auf dessen Spitze eben ein Par Seeadler ihren Horst gebaut hatten. Ich verbrachte hier einen recht genußreichen Tag, indem ich in Begleitung eines jungen Spaniers, seiner Schwester & meines guten Fernrohrs die Gegend, vom Morgen bis zum Abend, durchreiste; am Strand sammelte ich schöne Muscheln & Madreporen. Am Abend fuhren wir aus & nun gings bei herrlichem Wetter nach Pernambuco, dem brasilianischen Venedig, wo wir am 14 Abends ankamen.

Von da bis Bahia hatten wir wieder äußerst heftigen Südwind, so daß wir erst am 16 Abends in die prachtvolle Bai von Bahia einliefen. Hier erfuhr ich zu meinem großen Leid daß das Dampfschiff, das mich nach Ilhéos bringen sollte, den selben Tag früh Morgens ausgefahren war, & daß ich mich volle 15 Tage sterblich in Bahia langweilen mußte. Endlich am 1 November trat ich meine letzte Etage an & kam am 2 Morgens, unter mancherlei Gefühlen in Ilhéos ein. Hier wartete mir mein Schwiegervater mit den Pferden &, wie die wilde Jagd zogen wir aus, zuerst nach seiner Pflanzung & endlich nach meiner Victoria. Mein Einzug erfolgte auf feierliche Weise: meine Frau empfing mich aber unter Thränen & dem schmerzlichen Aufruf: "meine Kinder!"

Jetzt läuft alles wieder im gewohnten Geleise &, wäre das Haus nicht so still & leer, in Folge der Abwesenheit der drei Kinder, so würde mir meine ganze Reise nach Europa als ein Traum erscheinen. – Ich fand Alles in bester Ordnung vor, Dank meiner Frau; die Erndte war leider sehr schlecht, was ich übrigens im Voraus wußte; dafür sind die Preise ganz fabelhaft hoch.

Du bist jetzt in Prag & regalirst Dich mit Schnee, Eis & entlaubten Bäumen. Grüße mir Deine Frau von ganzem Herzen & ganzer Seele, ich habe sie unendlich lieb gewonnen; ebenso Deine Schwiegermutter. Wir waren doch ein herrliches vierblätteriges in Kleeblatt in Hlubosch. Den kleinen Berti grüße ich natürlich auch. Meine Frau empfiehlt sich den freundlichen Andenken Aller. Nun leb wohl mein lieber Bruder; Du brauchst mit der Antwort durchaus nicht zu eilen. Du hast des Schreibens so schon so viel. – A propos – Prost Neujahr!

                                                                               Dein Treuer Bruder

F. Steiger

Grüße an Dolphi & Deine andern Schwäger; Hoffentlich geht es mit Eugen noch nicht so schlimm als man fürchtete.




20/11/1861 (Vater)

Victoria le 20 Novembre 1861
repondu 10 Jan 1862


[A. S. - Heimker aus Europa]

Mon Père bienaimé

Me voici enfin de retour à mon foyer domestique depuis de 2 du mois courant. Mon entrée s’est effectuée avec toute la solemnité & l’allégresse possibles ; ma femme seulement n’a pu réprimer un débordement d’amour maternel & m’a reçu les larmes aux yeux avec le cri  "mes enfans !"  [A. S. - Er hatte sie nach Europa zur Erziehung gebracht]

Maintenant tout a repris son train ordinaire, le besogne ne me manque pas, &, si ce n’était le vide occasioné par l’absence de mes trois enfans, tout mon voyage en Europe m’apparaîtrait comme un songe. Toutefois je dois avouer que je m’en ressens encore, grâce au mal du pays qui m’attriste. La vie d’Europe est si belle, si attrayante, que mon état d’anachorête me pèse.  Autrefois je n’aurais pas échangé ma position contre le sort le plus brillant en Europe ; maintenant mon oppinion est bien changée. Enfin espérons que ce moment de découragement causé par le Heimweh sera passager & que, bientôt je me vouerai de nouveau à mes occupations avec le contentement d’une vocation choisie & non plus avec la simple résignation d’un devoir implacable à accomplir. – Grace à l’activité sensée de ma femme j’ai tout trouvé en parfait état &, ce qui est le principal, les nègres contens & gais. Elle a plus de tact & savoir faire pour gouverner ces gens-là, que je n’en ai moi-même.

La seule mauvaise nouvelle a été celle de la récolte de café complètement manquée, ce qui n’est la faute de personne, mais une conséquence naturelle de la sècheresse horrible de l’an passé. Heureusement que les perspectives pour la prochaine récolte son telles, que je crains ne pas avoir les forces nécessaires pour la rentrer. J’espère faire pour près de 100.000 francs entre café & cacao, à moins que quelque fleau, semblable à la sécheresse de l’année passée, ne vienne de nouveau anéantir les esperances les mieux fondées. Enfin, Dieu sait ce qu’il fait !

Tu as, sans doute déjà reçu ma dernière, datée de Bahia 29 Octobre, & qui T’anonçait mon arrivée dans cette ville. Si nous avions ici les facilités de communications d’Europe, j’aurais pu T’écrire par Steamer de Southampton du 12 ; mais ici on ne va pas si vîte.

Lors de mon passage à Colombier j’ai réglé avec Mr. Barrelet le compte des dépenses de mes enfans, restant lui devoir un solde de 200 francs. Jusqu’au 1er Janvier le montant de leurs frais de pension sera de 750 francs. Je Te prie de bien vouloir remettre à Mr. Barrelet cette somme ou en entier ou en partie, selon que je sois plus ou moins crédité dans notre compte courant ; en Te remerciant par anticipation de cette faveur, ainsi que de toutes celles à venir.

 La présente devant Te parvenir de derniers jours de cette année, je profite de l’occasion pour Te souhaiter une bonne & heureuse année, ainsi qu’à Maman, Elise, Thérese, Charles & tous les oncles, tantes, cousins & cousines, auxquels je me recommande en même temps : Puissions-nous dans 3 – 4 ans nous revoir tous, ainsi que je l’espère.

Ma femme Vous prie tous d’agréer l’expression de ses sentimens affectueux & respectueux. Adieu ! Je Vous embrasse tous avec une tendre amitié.

                                                                               Ton fils dévoué F. Steiger